ninabel

Utopiste amateur... mais où va le monde ...

Mercredi 8 août 2012 à 16:25

A pleine vitesse, le vent soulevant sauvagement mes cheveux, les embruns fouettant mon visage, me voici de retour. Le soleil se cache timidement derrière les nuages. La lumière est pourtant éblouissante, obligeant les hommes à plisser les yeux pour admirer la vue. La mer brille et étincelle lorsque les rayons de notre astre rencontre ses vagues. Le bateau s'avance au milieu du bassin. Il croise ses semblables par centaine. Petits, grands. A voiles ou à moteur. Optimistes ou catamarans. Bateau de plaisance ou transport de touristes. Nous longeons la côte, les plages en laissant derrière nous la jetée Thiers. Au bout de quelques minutes, le bateau s'élance à l'intérieur du bassin, quittant le littoral pour entamer sa traversée. A ce moment-là, le soleil apparaît, rendant à la mer sa couleur d'un bleu sombre tacheté de blanc. Le paysage s'illumine. La dune étincelle, les blancs deviennent jaunes, les sombres s'éclairent. Et l'autre bord apparaît. Au loin, une masse sombre se distingue des innombrables parcs à huîtres. Elle grossit progressivement, nous laissant la reconnaître. Le débarcadère. Au fur et à mesure, des silhouettes apparaissent.

  • Hey ! Regarde, ce ne serait pas pour nous celle à côté du grand monsieur en bleu ? La petite tâche blonde.
  • Hem, elle ne semble pas nous répondre
  • Mais, si ça lui ressemble quand même de plus en plus
  • Et bien voilà, elle vous a enfin vu !

Débarquement, grands signes, appels dans tous les sens. Nous voici sur l'escalier de pierre, rongé par les moules et les huîtres pour rejoindre une dalle de béton. La dalle de béton qui signifie que nous sommes de retour. Cette dalle sur laquelle on nous accueille à bras ouverts. « Vous voilà enfin de retour avec nous ». Toujours mal à l'aise face aux grands airs de cette petite dame aux cheveux blancs qui nous souhaite la bienvenue comme si c'était le ciel lui-même qui nous avait envoyé. Un peu plus loin, à l'écart, un homme nous attend également. De taille moyenne, plus grand, et de plus en plus voûté, vêtu de son éternel polo bleu-vert, il a ce sourire timide mais chaleureux qui nous a vu grandir au fil des années.

Voici Mamie, dame délicate, croyante au possible et ayant peur du silence.

Voici Papi, homme de l'ombre, laissant sa femme prendre les devants à son aise mais ayant toujours l'anecdote et le mot pour rire.

Et voici le Cap Ferret, maison entourée d'arbre avec sa terrasse blanche surplombée de bois vermoulus par le temps. Une maison qui semble au premier abord posée fragilement sur un monticule au milieu du terrain. Au deuxième regard, elle apparaît plutôt avoir été construite sur un terrain à plat puis recouverte en partie par le sable. Un jardin dont les arbres ont connu un hamac, une tente ou deux, une lapine toute blanche, une table de ping-pong, un kayak jaune. La terrasse qui nous a vu bronzer, cramer, manger, rire et lire. Des fauteuils qui ont connu nos Harry Potter, Terry Pratchett, Tolkien, Weber, Chattam, Tintin, Papyrus, Le livre de la Jungle, Perrault, Mary Higgins Clark, le détective Lee ou plus récemment George R.R. Martin. Une cheminée qui nous a réchauffée par mauvais temps. Une table qui a connu nos repas plus ou moins mouvementés, nos films, parties de cartes et autres tartes aux prunes et au sucre.

Le bassin, l'océan, les Rosalines, l'église, le phare, le Casino et le marché, la Poste et sa cabine téléphonique en plein soleil, le petit train, la forêt sableuse de pins maritimes, les maisons blanches aux toits de tuiles rouges.

La plage du bassin ; « les escaliers », « l'église », « Mickey », « Le débarcadère »

L'île aux oiseaux, la Dune du Pila, le Moutier, l'Herbe

L'impression d'appartenir à un autre monde en voyant les gens tous bronzés et habillés de la même façon. L'impression de se retrouver dans le 2e ou le 16e entourée de blancs-becs en « Bensimon » : bleu, blanc ou beige.

Ici, je suis en maillot de bain la plupart du temps et en robe simple le reste du temps. Ici, pas de maquillage ni de lentilles. Pas de talons ni de basket, juste des tongues. Ici, les vélos sont rouillés depuis des années mais servent tous les ans. Ici, la plage ne bouge pas, les maisons non plus, juste les gens. Ici, je ne connais personne à part ma propre famille. Ici, je dors, lit, bronze, nage, me repose et vit au calme.

http://ninabel.cowblog.fr/images/IMGP3865.jpg

Ici, c'est mes vacances depuis que je suis née et ça ne changera jamais.

Aucun commentaire n'a encore été ajouté !
 

Ajouter un commentaire









Commentaire :








Votre adresse IP sera enregistrée pour des raisons de sécurité.
 

<< Page précédente | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | Page suivante >>

Créer un podcast